Cette page vous propose une stratégie d' optimisation de vos placements et investissements. Comme on l'a vu, pour avoir une stratégie adéquate et correspondre au bon profil psychologique d'investisseur, il faut être à la fois discipliné, diversifié, contrarien, et précurseur. Ceci n'est pas une invention, mais ressort de l'exploitation de plusieurs théories éconmiques complexes. J'ai chosi ici de les synthétiser tout en apportant ma touche personnelle et surtout de les exposer de manière abordable. J'expose ainsi une méthode d'investissement en 4 axes que je recommanderais et dont vous pourrez vous inspirer.

Pour simplifier dans les exemples, je me contente des actifs qui peuvent être titrisés, comme les actions, obligations ou l'or. Mais vous pourrez bien sûr rajouter des actifs non titrisés, comme l'immobilier*, les oeuvres d'art, ou même le vin ,les bâteaux ou les voitures de collection...(les possibilités de diversification de patrimoine sont infinies !). 

* je considère qu'un achat d'immobilier doit se faire au vu de sa rentabilité nette locative (déduction faite des impôts et charges d'entretien à programmer). On a eu tendance à l'oublier dans cette bulle. Mon sentiment personnel est que les biens immobiliers sont toujours pricés trop chers à mi-2008.

  • 1. Axe n°1 : être diversifié, choisir une répartition de ses investissements (et ce quasi définitivement - on ne change pas au gré des humeurs)
            La théorie du portefeuille de Markowitz expose de façon mathématique que tout le monde devra avoir un portefeuille efficient, i.e un portefeuille qui assure le meilleur ratio rentabilité / risque. Ainsi, on voit par exemple que certains portefeuilles  peuvent par rapport a portefeuille efficient augmenter leur risque de 10% pour une espérance de gain qui est supérieure de seulement 1%, et ne sont donc pas de très bonnes affaires.

            Pour retenir de façon simplifie cette théorie du portefeuille, vous pouvez mémoriser ces 2 exemples évocateurs  :
    • un portefeuille réparti 80% actions /20% obligations ou actifs sans risque aura une sur le long terme une bien meilleure sécurité qu'un portefeuille 100% actions pour très peu de rentabilité en moins.
    • un portefeuille réparti 20% actions /80% obligations ou actifs sans risque aura une sur le long terme une bien meilleure rentabilité qu'un portefeuille 100% obligations et actifs sans risque pour très peu de risque en plus.
            Vous constaterez qu'aussi bien les plus audacieux que les plus prudents ont à apprendre quelque chose de cette théorie du portefeuille.

            Concrètement, il vous faut choisir une répartition initiale de vos placements, selon votre avidité au risque. Celle que je préconise dans l'exemple ci-dessous contient un peu plus d'actifs plutôt non risqués que d'actifs plutôt risqués afin d'avoir plus de sérénité. En effet, il faut de la sérénité pour arriver à respecter les 4 axes présentés ici sans être distrait par ses émotions. Et il est donc plus facile de respeter ces 4 axes avec ce type de répartition portefeuille.

    •  45 à 70% actifs peu risqués : obligations long terme et court terme, livrets, comptes sur livret, fonds en euros d'assurance-vie, comptes à terme. (attention en période de remontée des taux, les obligations long terme peuvent baisser - il faut donc ne pas être intégralement en obligation long terme sur cette partie, mais bien avoir aussi des placements complétement sûrs)
    • 20 à 40% actions : essayer de diversifier entre small et large cap, et par zone géographique. Il faut malgré tout veiller à ne pas avoir trop de lignes qui viendraient diluer la performance. De plus, il faut éviter un portfeuille actions composé intégralement de gestion indicielle : en concentrant la majorité des actifs, les actions de ces indices finissent par devenir trop chères (certains affirment même que la gestion indicielle portent en elle les germes de sa propre disparition, trop de capitaux se concentrant sur ces actifs, qui ne représentent en fait qu'une infime parie des véhicules d'investissement disponibles, ce qui fait ainsi grimper de façon irréaliste leur prix) - il vaut donc mieux avoir aussi quelques actions bien choisies individuellement (Warren Buffet ne dirait pas le contraire !) et un peu de non-coté (en profitant des avantages fiscaux) 
    • 5 à 10% d'or - les premiers 5% étant préférablement détenus en or physique pour jouer leur rôle d'assurance.
    • 10 à 15% de partie libre - que vous pourrez choisir de placer où bon vous semble au gré de vos humeurs - mais pas n'importe comment non plus, nous y reviendrons dans l'axe n°4. Cette partie jouera le nécessaire rôle de soupape de sécurité, sans laquelle vous vous sentiriez enfermé dans un modèle trop rigoureux, et vous deviendrez alors incapable de respecter cette stratégie d'optimisation de vos placements en 4 axes.
  •  Axe n°2 : placer tous les mois sa capacité d'épargne selon la répartition initiale choisie en axe n°1 (être discipliné)
                Ceci permet d'éviter l'investissement effectué au mauvais moment. On entend souvent que les actions ont rapporté en moyenne plus de 7% en moyenne sur le long terme. Et que donc si on a de l'argent dont la disponibilité immédiate n'est pas nécessaire, il vaut mieux le placer en actions. La réalité est un peu moins simple que celà, méditez cet exemple.

    • Un investisseur qui aurait placé son capital au plus mauvais moment de la crise de 1929 aurait mis près de 40 ans à le retrouver.
    • Un investisseur qui aurait placé la même somme en actions durant les 10 années de grande dépression de 1929 à 1939, aurait eu un rendement positif en 1939.
  •  Axe n°3 : lorsque la valeur des actifs varie considérablement, arbitrer afin de retrouver la répartition initiale (être discipliné et contrarien)
        
                Si vous avez suivi les axes n°1 et axes n°2, un changement de répartition entre les actifs de votre portefeuille par rapport à la situation initiale ne peut provenir que de plus-values ou moins-values réalisées sur chacun d'entre eux.

                Il faut alors effectuer des arbitrages pour retrouver la situation initiale.

            Exemple :  Situation intiale (52% sans risque - 30% actions - 8% or - 10% libre)
                            les actions ont monté , l'or a baissé - les actifs sans risque se sont à peu près maintenus
                            Situation après 1 an (47% sans risque - 40% actions - 3% or - 10% libre)

 Les actions prennent proportionnellement beaucoup plus de place dans le portefeuille, et l'or beaucoup moins. Il faudrait alors vendre des actions en prenant ses plus-values pour racheter des actifs sans risque, et surtout de l'or.

Vous pouvez suivre la répartition de cette allocation entre actifs et les rééquilibrages nécessaires avec l'outil suivant (sur Base Excel) :

Cette stratégie, si vous voulez rechercher l'efficacité maximul devrait même être appliquée au sein du compartiment actions de votre portefeuille en arbitrant entre les secteurs d'activité et zones géographiques par exemple. 
L'outil suivant vous permet de visualiser la répartition de votre portefeuille par secteur d'activités et l'évolution au jour le jour de cette répartition, vos dividendes par secteur et par mois,  le tout en remplissant une fois pour toute votre portfeuille actions (les cours sont ensuite mis à jour par simple appui sur un bouton avec téléchargement Internet automatique). La comparaison de la performance de votre portfeuille par rapport à un indice est également effectuée : vous pourrez donc savoir si vous battez le CAC40 par exemple.

Encore plus que l'axe n°2, cet axe n°3 nous oblige à être contrarien, en vendant ce qui est cher ou à la mode et en achetant ce qui est délaissé donc pas cher (on y pense naturellement pour nos faire courses mais moins pour nos investissement bizarrement...). Il permet d'éviter le comportement instinctif de mouton qui a perdu tant d'investisseurs individuels, et qui consiste à rentrer sur à marché à la mode parce que tout le monde en parle, juste avant que la bulle formée n'éclate : un marché sur lequel tout le monde est déjà rentré ne peut plus monter, puisqu'un marché résulte d'un équilibre offre-demande et qu'il n'y alors plus de demande. Ceci nous amène à l'axe n°4 pour la gestion de votre partir libre.

  • Axe n°4 : Etre contrarien et/ou précurseur pour la gestion de sa partie libre (10 à 15% de vos placements)

      Cette partie est là pour jouer votre soupape de sécurité, car même si c'est difficile à reconnaître, un investisseur (ou quelqu'un qui cherche à optimiser ses placements et s'y intéresse de près) a souvent pour but de se montrer plus intelligent que le voisin. Avez-vous toujours réussi à vous retenir de dire à l'apéro que vous avez investi dans ceci ? (lorsque ça a été rentable, quand ce n'est pas un bon investissement on évite en général de s'en vanter). Or sans aucune liberté, il aurait été psychologiquement quasi impossible de suivre rigoureusement la méthode que je vous propose.
       Ce n'est pas parce que vous avez la liberté de choisir pour cette partie qu'il faut pour autant faire n'importe quoi. Si vous êtes passionné de finance ou avez tout simplement la fibre du business et de l'investissement, c'est celle qui vous intéressera le plus Mais il faudra tout de même essayer de garder l'une ou l'autre de ces qualités dans vos choix, voire idéalement les deux :


    • Etre contrarien : ceci consiste à acheter contrairement à la tendance. on paye des choses dont on juge qu'elles sont à un prix inférieur à leur vraie valeur de marché. Ceci est en accord avec le comportement qu'a eu le célèbre milliardaire américain Warren Buffet, aujourd'hui homme le plus riche du monde (loin devant Bill Gates) !
      • "La plupart des gens s’intéressent aux actions quand tout le monde s’y intéresse. Le moment d’acheter est quand personne ne veut acheter. Vous ne pouvez acheter ce qui est populaire"
      • "Soyez craintif quand les autres sont avides. Soyez avide quand les autres sont craintifs."
      • "Vous n'avez pas raison parce que d'autres sont d'accord avec vous. Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et que votre raisonnement est juste."
       Exemples d'investissements qui auraient pu rentrer dans ce cadre : l'immobilier en 1996, les actions technologiques en 2003, le pétrole en 2003... et aujourd'hui ? l'or ? et demain ? l'immobilier s'il krache et revient à son prix  de l'an 2000 ? A vous de choisir...

    • Etre précurseur : ceci consiste à deviner avant la masse les modes et enjeux de demain pour y investir.
    • Exemples d'investissements qui auraient pu rentrer dans ce cadre : l'achat d'actions Yahoo en 1996 avant l'avènement réel d'Internet (mais pas en 1999 !), l'achat d'actions sur les énergies renouvelables en 2005 avant le début de la folle mode du développement durable.
  • Synthèse :
        Vous voyez qu'il ne suffit pas de choisir un placement profilé clé en main d'opcvm ou de fcp (dynamique,equilibre, sécurité, rendement...) pour optimiser ses investissements à un instant t. D'autant que ceux-ci se concentrent souvent sur de la gestion indicielle. Et encore moins de changer profil à l'instant t+1 parce que vous avez constaté sur les 5 dernières années que X était plus rentable que Y.

        Mais appliquer les grands principes de la méthode livrée gratuitement  ici n'est pas si difficile que çà...Vous devriez vous en sortir beaucoup mieux que la moyenne en l'appliquant et pouvoir tirer un enrichissement progressif également grâce à votre patrimoine, contrairement à la majorité des gens qui ne savent pas optimiser celui-ci.  Je considère que c'est la page la plus importante de ce site : pour moi, s'il y a qu'une leçon à retenir de ce site, elle se trouve sur cette page !

Cette page n'est qu'un exemple de résumé de l'état d'esprit dans lequel il faut être et des méthodes à appliquer. Pour ceux qui veulent aller plus loin et se former à l'investissement efficace, nous ne pouvons que leur conseiller de jeter un oeil à notre sélection des meilleurs livres de gestion patrimoniale